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Foxy Brown – le fantasme Pam Grier…

Bon que je vous raconte, je travaille actuellement sur la rédaction d’un article sur la blaxploitation, je nourris l’espoir que ce phénomène de la pop culture afro-américaine vous intéressera !! En tout cas, moi j’ai envie de connaître un peu mieux ce cinéma. Alors pour piquer votre curiosité, j’ai sélectionné pour la petite musique du lundi qui va bien, le thème de Foxy Brown de Willie Hutch (1944 – 2005), un des titres de la bande-originale de Foxy Brown (1974). Au passage, Willie Hutch est aussi à l’origine de la bande-annonce du film The Mack, considérée comme incontournable, voire la meilleure dans le genre (je vous conseille vivement de l’écouter). 

Le son n’est pas le meilleur, mais je trouvais plus sympa de vous montrer le générique… Allez c’est parti pour un peu plus de deux minutes de funky !

J’aurais pu prendre un extrait de Shaft, facile tout le monde connaît… mais je voulais aussi vous parler d’une femme, sexy, black, l’objet de tous les fantasmes masculins (peut-être aussi féminins…) : Pam Grier. On y est là, la température vient de monter d’un coup ! Véritable icône féminine de la blaxploitation, elle a fortement contribué à changer l’image de l’afro-américaine trop souvent cantonnée aux rôles de grosse mama, Pam Grier est la femme forte par excellence. Foxy Brown est le deuxième film qui va propulser la carrière de Pam Grier (lire ci-dessous). C’est une histoire de vengeance, une femme prête à tout pour venger son mari assassiné par des gangsters.

Pam Grier : black, bad and beautiful

Pour compléter mon article, je ne résiste pas à l’envie de partager quelques extraits de l’excellent livre de Julien Sévéon, Blaxploitation 70’s Soul Fever (éditions Bazaar & Co – malheureusement épuisé !!) qui consacre un chapitre à Pam Grier.

« Le cinéma est une histoire d’homme. Le cinéma d’exploitation est une histoire d’hommes. Le cinéma afro-américain est une histoire d’hommes. Difficile dans ce contexte d’être une femme dans le monde triplement macho de la blaxploitation. Pourtant, outre les personnages de maquereau, de dealer ou de détective indestructible, la femme fatale sera l’autre grande figure de la blaxploitation. Et l’actrice qui va endosser cette image, plus que quiconque est Pamela Grier. »….

…. »Pamela Grier est une ancienne miss (Colorado) qui se retrouve à travailler dans les locaux d’AIP (NDLR : American International Pictures) au début des années soixante-dix. Elle se voit proposer un rôle par Roger Corman, à la recherche alors d’une nouvelle actrice, c’est l’occasion de toucher un salaire à peu près décent et sortir d’une routine où elle enchaîne plusieurs boulots pour pouvoir vivre. C’est ainsi qu’elle se retrouve aux Philippines pour tourner dans un délicieux quatuor Women In Prison (WIP) : The Big Doll House, Women in Cages, Black Mama, White Mama et The Big Bird Cage.

Photo en couleur de Pam Grier dans le film Coffy

The Big Doll House, la seconde production de la compagnie que Corman vient alors de former, la New World Pictures, est un immense succès public et fait véritablement exploser Pam Grier sur la scène américaine. Même si la nouvelle venue n’est pas la seule actrice belle et sexy à l’écran, elle possède néanmoins une stature et un charisme rare qui la place en tout cas véritablement à part du reste du casting.« …

… »Le film qui a cependant le plus contribué à la carrière de Pam Grier et à son image de femme fatale n’arrive qu’après cette série. Coffy (1973), qui la réunit de nouveau avec Jack Hill (NDLR : Jack Hill est le réalisateur de The Big Doll House et de The Big Bird Cage), est une production que Samuel Z. Arkoff met en place afin de profiter à fond de la blaxploitation qui bat alors son plein. Le film est effectivement un très gros succès et contribuera plus que n’importe quel autre film au changement de l’image et de la perception des afro-américaines à l’écran. En interprétant une infirmière décidée à se venger des dealers ayant causé la déchéance de sa sœur. Grier rentre dans le circuit très macho des vigilantes et devient de fait l’une des toutes premières justicières expéditive en Occident. »…

… »Ses rôles ne sont pas uniques à l’époque et font clairement échos aux nouveaux statuts sociaux que réclament nombre de femmes depuis la fin des années soixante.« …

… »L’image de l’héroïne violente que Grier aide à développer à l’époque dépasse en effet largement les contingences noirs / blancs, même si il est impossible de mettre de côté le fait qu’elle soit la première grande figure féminine noire forte du 7e art américain. A l’époque de la blaxploitation, son nom raisonne aussi fort que celui de Fred Williamson ou Jim Brown, mais sur le long terme elle finit par les surpasser, grâce en particulier à Quentin Tarantino qui l’a placée dans le rôle central de son hommage à cette star et à la blaxploitation, Jackie Brown (1997). »

 


Sites web photo de Pam Grier : Ibertigo

Pour aller plus loin :



2 réponses à “Foxy Brown – le fantasme Pam Grier…”

  1. donzel dit :

    Cool cool ! Énorme travail de recherche !!

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