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Get Up Offa That Thing – James Brown

The Hardest Working Man in Show Business, The Godfather of Soul, Mister Dynamite… autant de surnoms donnés à James Brown (1933-2006) ; monstre sacré de la musique populaire du XXe siècle, il est un genre à lui tout seul. James Brown a dépassé la pauvreté, la couleur de sa peau pour fonder une oeuvre musicale majeure qui a façonné l’identité de la soul et surtout de la funk. Aujourd’hui, il est un des chanteurs les plus samplés (on parle de plus de 6 000 samples) utilisés surtout dans des morceaux de hip-hop. Mercredi 24 septembre est sorti sur nos écrans, Get On Up (ma critique ci-dessous) qui revient sur sa vie et sa carrière. Pour la petite musique du lundi qui va bien, j’ai donc tout naturellement décidé de rendre hommage à cet immense artiste. Je vous propose d’écouter Get Up Offa That Thing, le titre qui ouvre le film.


Mon avis sur Get On Up :

Comment retracer 50 ans d’une carrière aussi prolifique que celle de James Brown en un peu plus de deux heures ? Voilà le défi qu’a tenté de relever le réalisateur Tate Taylor dans le biopic Get On Up. Le film commence en 1988. James Brown muni d’un fusil, déboule dans un séminaire d’assureurs, cherchant à savoir qui a osé « violer » ses toilettes privées. Une scène qui prête à sourire mais qui va se terminer par une incarcération de l’artiste. La séquence s’enchaîne avec un flash-back, nous voilà transportés à la fin des années 1930 pour y retrouver le jeune James, témoin impuissant et malmené par ses parents qui se déchirent.

Get On Up n’a de cesse de faire des allers-retours dans la vie de James Brown. Le film se construit par petits morceaux censés nous montrer des moments-clés pour comprendre et connaître son parcours : une enfance pauvre avec la faim accrochée au ventre, l’abandon de ses parents à une tante maquerelle, une adolescence délinquante qui lui vaudra des années de prison avant d’être repéré par Bobby Byrd, les premiers concerts dans des clubs avant de rencontrer le succès avec le titre Please, Please, Please, sa consécration avec le live enregistré à L’Apollo en 1962, le TAMI Show en 1964 au Santa Monica Civic Auditorium, le concert au Boston Garden en 1968 au lendemain de l’assassinat de Martin Luther King, sa rencontre avec le Président Lyndon B. Johnson etc.

Vidéo du TAMI Show, jetez un coup d’oeil pour entendre la puissance vocale de James Brown, ses talents de showman !

Oui mais voilà Tate Taylor fait quelques raccourcis. Il ne s’attarde pas, par exemple, sur ses véritables débuts musicaux qui datent de ses premières années en prison d’où le premier surnom de James Brown, Music Box, pourtant entendu dans le film. Il passe trop rapidement les côtés sombres et les fragilités du parrain de la soul : ses excès en tout genre, les coups faciles portés sur sa femme, le deuil de son fils tué lors d’un accident de voiture, ses problèmes avec l’administration fiscale. La fin des années 70 et les premières années 80 sont passées sous silence, période pendant laquelle sa carrière sera ralentie avec l’avènement du disco.

Dommage aussi, qu’il n’ait pas plus développé le sujet de l’ascension d’un Noir dans une société américaine alors en pleine tensions raciales. Seuls quelques tableaux montrent la ségrégation raciale. Même si James Brown n’était pas un chanteur revendicatif comme Curtis Mayfield, voire Marvin Gaye, il n’en reste pas moins qu’il est devenu un symbole de réussite pour le peuple afro-américain. Tate Taylor mettra au moins en scène l’enregistrement improvisé de I am Black I m Proud, un titre qui deviendra un hymne des Black Panthers.

Tate Taylor a fait le choix de se concentrer sur le James Brown showman et business man. Et là, la force du film réside dans la reconstitution époustouflante des concerts et l’incroyable performance de Chadwick Boseman. Il arrive à nous transmettre l’énergie, la foi inébranlable d’un homme qui s’est construit tout seul, « James Brown n’a besoin de rien » dit-il à sa mère venue à l’improviste à L’Apollo alors qu’il ne l’avait pas revue depuis son abandon.

On découvre un James Brown visionnaire : il réinvente tout le concept de la promotion, il bouscule les fondements musicaux (énorme scène quand il demande à tous ses musiciens de quels instruments ils jouent, il les interroge un par un, autant de fois jusqu’à entendre la réponse qu’il attend : de la batterie !), il est un des premiers artistes à gagner son indépendance artistique mais aussi financière (c’est lui qui finance l’enregistrement du concert à L’Apollo). Véritable travailleur acharné, il n’hésitait pas à donner des amendes à ses musiciens pour tout retard, mèche mal coiffée… Une sévérité qui lui vaudra des claquements de porte des meilleurs musiciens comme Maceo Parker, Pee Wee Ellis. Le seul à lui rester fidèle sera Bobby Byrd. L’amitié entre les deux hommes sera traitée tout au long du film. Une des dernières scènes est particulièrement touchante mais …. non je ne vous la raconterai pas !

Get On Up n’est pas le film de l’année mais je reconnais à Tate Taylor d’avoir compris qu’il fallait que le film repose sur le son, la musique ; donc sur les 2h20 du film, vous entendrez plus d’une dizaine de chansons originale du grand James Brown et c’est pour notre plus grand plaisir !


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