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Donna Summer, héroïne de la night fever

Le 17 mai 2012, Donna Summer est décédée à 63 ans des suites d’un cancer. Elle laissera en héritage des chansons populaires que j’avais presque oubliées. Souvenez-vous de Hot Stuff, Bad Girls, I Feel Love, She Works Hard For The Money… des sons incontournables des soirées 70’ et 80’. Pour approfondir mes connaissances, j’ai regardé le documentaire Hot Stuff qui revient sur la carrière de la chanteuse. Oui, il est bon de se rappeler qu’elle a été la reine incontestée du disco.

Mais au fait… Pourquoi cet article ?

Avez-vous vu le film American Hustle de David O. Russel sorti en 2013 (film que je vous conseille au passage) ? Le film se passe dans les années 70, faites un effort pour vous replonger dans l’ambiance. La scène se déroule en boite de nuit, boule à facettes, décor kitsch, black à méga gouffas… Bradley Cooper et Amy Adams esquissent chaudement quelques pas de danse sur un son que je n’avais pas écouté depuis très longtemps “I feel love” de Donna Summer. Je me suis repassée le morceau en boucle, encore et encore… (oui le petit coup de rein de Bradley Cooper fait son effet…). Le hasard faisant parfois bien les choses, Arte a récemment diffusé un documentaire sur la célèbre chanteuse, Hot Stuff réalisé par Dietmar Post et Lucía Palacios. Je ne pouvais pas passer à côté !

“Hot Stuff” : parcours de la black diva

En 53 minutes d’archives sonores et visuelles, le film revient sur la carrière de Donna Summer.  Des membres de sa famille, des amis, des musiciens et des producteurs racontent son enfance à Boston, ses débuts dans une chorale gospel et les années passées en Europe (fin des années 60, début 70) ; une des périodes les plus heureuses de la chanteuse. Le film décortique la fabrication et le succès de Love to love you baby, le titre sulfureux (censuré sur la BBC !) grâce auquel elle va acquérir une notoriété internationale.

Nous remontons ainsi le temps avec pour fil rouge un entretien téléphonique entre les réalisateurs et Donna Summer. Cet enregistrement restera en fait une des ultimes traces de la chanteuse puisqu’elle est décédée en mai 2012 avant l’interview prévue l’été 2012.

Travailler pour sa carrière avant tout

Au delà du portrait, le documentaire s’attache à évoquer (toujours discrètement mais de manière efficace) cette époque singulière où les chanteurs noirs chantaient pour les noirs. Donna Summer a piétiné ce postulat ; non pas parce qu’elle s’était donnée une mission militante mais depuis toute petite, elle savait qu’elle deviendrait célèbre en chantant.

Elle s’est toujours tenue éloignée des événements tragiques de son pays (les droits civiques, la guerre du Viet Nam..). Donna ne vivait que pour sa carrière. D’ailleurs, le ton est lancé dès l’ouverture du documentaire où lors d’une interview, elle refuse toutes les étiquettes de diva du disco, de reine du sex rock, de produit des studios.. En guise de réponse, elle dit simplement “Je ne suis pas là par hasard, j’ai beaucoup travaillé pour faire carrière, MA carrière”.


 Mon avis : Le documentaire est trop court. Il y a un déséquilibre entre le temps consacré à son début de carrière et les années 70 où elle va beaucoup plus s’investir sur la réalisation de ses titres. J’aurais aussi aimé que la période pendant laquelle elle assume ses convictions religieuses (d’ailleurs elle se mettra à dos la communauté gay…) soit développée. Je pense que c’est une première étape pour connaître et comprendre la carrière de Donna Summer mais si vous voulez creuser plus le sujet, vous trouverez certainement des biographies plus complètes.

Par contre, j’ai trouvé intéressant que le documentaire nous replonge dans les années disco qui ont fait les belles heures des discothèques et de la communauté gay. La musique disco avait ce pouvoir de faire danser et de faire oublier la morosité ambiante due à la période de crise.

Enfin, vous connaissez ma sensibilité à l’aspect social, donc vous comprendrez que j’ai apprécié l’intelligence des réalisateurs à nous rappeler la présence du racisme dans la société américaine notamment dans la ville de Boston, le poids de l’étiquette d’être un artiste noir aux Etats-Unis. Bref, je vous conseille le documentaire et je vous invite à me laisser vos impressions.


Site web de la photo : mybandmarket (photo à la une)

Sources et pour aller plus loin :

  • Un article paru dans Le Monde le lendemain du décès de Donna Summer

Le reportage n’est malheureusement plus disponible sur le site d’Arte ; par contre, j’ai directement interrogé les réalisateurs pour savoir s’il existe un autre moyen pour visionner Hot Stuff.

  • La boite de production de Dietmar Poste et Lucía Palacios : Playloud
  • La page Facebook consacrée au documentaire. Je suis d’ailleurs entrée en contact avec Dietmar Post pour savoir s’il était possible de trouver le reportage. Il m’a répondu qu’une version cinématographique du documentaire était en cours de réflexion ; ce qui pourrait répondre à ma frustration d’en savoir davantage sur la chanteuse.

 



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