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Amy

Aujourd’hui sort le DVD Amy… J’avais hésité à aller voir le documentaire. Je craignais de ne voir qu’une succession d’archives où l’on voit Amy Winehouse défoncée et ça me mettait mal à l’aise… Et puis, ma curiosité l’a emporté, je voulais essayer de comprendre le pourquoi de cette histoire tragique. Amy, c’est l’histoire d’une jeune femme talentueuse qui voulait juste chanter du jazz mais qui a complètement été dépassée par sa célébrité. A voir !

visuel du documentaire Amy

Le pitch :

Dotée d’un talent unique au sein de sa génération, Amy Winehouse a immédiatement capté l’attention du monde entier. Authentique artiste jazz, elle se servait de ses dons pour l’écriture et l’interprétation afin d’analyser ses propres failles. Cette combinaison de sincérité à l’état brut et de talent ont donné vie à certaines des chansons les plus populaires de notre époque. Mais l’attention permanente des médias et une vie personnelle compliquée associées à un succès planétaire et un mode de vie instable ont fait de la vie d’Amy Winehouse un château de cartes à l’équilibre précaire. Le grand public a célébré son immense succès tout en jugeant à la hâte ses faiblesses. Ce talent si salvateur pour elle a fini par être la cause même de sa chute. Avec les propres mots d’Amy Winehouse et des images inédites, Asif Kapadia nous raconte l’histoire de cette incroyable artiste, récompensée par six Grammy Awards.

Mais au fait, pourquoi cet article ?

Le documentaire m’a touchée et je l’ai trouvé très intéressant. Pendant deux heures, on plonge dans la vie d’Amy Winehouse et plus les images défilent, plus la tragédie monte. De la jeune fille un peu ronde ne comptant que quelques petits tatouages, on passe à une jeune femme amaigrie, défoncée, abordant ses tatouages de pin-up avec une coupe de cheveux improbable, un maquillage épais, agressif. On essaie de comprendre cette vie détruite par l’ennui, par les drogues et l’alcool, par un entourage malsain, par une pression permanente des paparazzi, par une carrière internationale qu’elle ne voulait pas vivre.

Dès les premières images, on apprend qu’Amy a été fragilisée dès son enfance à cause de la séparation de ses parents. Une blessure qui ne se refermera jamais. A son adolescence, elle déjà instable, boulimique, sous traitement, difficile à contenir. Sa mère est incapable de faire face à la personnalité extravagante et compliquée d’Amy. Quant à son père, Mitchell, son absence l’a profondément marquée. Il reviendra (comme par hasard… ?) lorsqu’Amy rencontrera le succès, et à partir de ce moment là, elle ne cessera de chercher son regard, son approbation, sa fierté, son amour tout simplement. Il y a dans le documentaire une scène tout à fait saisissante qui pose vraiment la question de la responsabilité de son père quant à la dérive de sa fille : en 2009, Amy part dans les Caraïbes à Sainte-Lucie, afin de fuir son quotidien oppressant, se reposer et décrocher du crack et de l’héroïne. C’est alors que débarque son père, accompagné d’une équipe de tournage et des preneurs de sons ! La vie d’Amy Winehouse est un business pour lequel seuls l’argent et la gloire comptent.

Chanter, oui… mais que pour quelques personnes…

Son mal-être, ses expériences personnelles, Amy les racontera dans ses chansons, véritables témoignages de son journal intime et c’est ce qui fera d’elle une artiste à part entière, une écorchée vive, mais cherchant toujours « une porte de sortie » (toutes les paroles des chansons sont traduites dans le film). Je ne reviendrai pas sur sa rencontre avec Blake Fielder, un amour destructeur à vouloir vivre, ressentir les mêmes choses que lui. Cette recherche constante d’une relation fusionnelle avec ce mec et ses addictions la perdra. Ironie du sort, de cette histoire douloureuse naîtra Back To Black, l’album qui la propulsera star mondiale. A plusieurs reprises, elle essaiera de s’en sortir, mais sa fragilité et le star system auront raison d’elle. Son autodestruction l’amènera, lors de ses derniers concerts, à venir sur scène complètement stone et à refuser de chanter, tout cela juste pour fuir les tournées. Amy n’a jamais voulu être une star, elle ne savait pas quoi faire de sa célébrité. Amy voulait juste chanter du jazz pour quelques personnes…

Pour finir, parmi tous les témoignages, je retiens ceux de ses deux amies d’enfance, Lauren Gilbert et Juliette Ashby, et de Tyler James, le manager qui l’a découverte et lui a fait signer son premier contrat. C’est bouleversant d’entendre leur impuissance à sauver leur amie, de voir sa descente aux enfers sans pouvoir intervenir. Dans les trente dernières minutes du documentaire, un moment fort : à l’approche de la 50e Cérémonie des Grammy Awards, sa maison de disque fait établir un contrat demandant à Amy Winehouse de partir immédiatement en cure de désintoxication sous peine de ne plus faire de concert et d’album. A la cérémonie, Amy sera clean et sobre. Elle vivra alors un moment magique (il faut absolument voir les expressions de son visage) : Tony Bennett et Natalie Cole, deux de ses idoles, annonceront sa victoire dans la catégorie album de l’année. Une vive émotion s’empare d’Amy et de tout le staff qui l’accompagne. Puis on entend la voix de Juliette Ashby qui raconte la réaction d’Amy, une fois dans les coulisses :  » Juliette, c’est tellement chiant sans la dope » … Comme on l’entendra dans la bouche d’un de ses amis  » Amy, c’était comme si elle voulait disparaître ».


Voici une vidéo que j’ai trouvée sur l’enregistrement du duo Amy Winehouse / Tony Bennett pour le titre Body and Soul, on retrouve certaines scènes dans le documentaire Amy. Un incroyable moment !



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